En organisant des journées d’étude sur des sujets préoccupants pour la santé des abeilles, la Fédération Nationale des Organisations Sanitaires Apicoles Départementales a montré qu’elle reste un acteur majeur du sanitaire apicole sur notre territoire.

La conférence de presse d’ouverture le vendredi 9 octobre, en présence de Patrick LABAUNE , président du Conseil Départemental de la Drôme et de Marlène MOURRIER maire de Bourg-lès-Valence fut l’occasion pour le président Jean-Marie BARBANCON de rappeler les enjeux des ces rencontres tant la survie des abeilles est menacée.

Le président a ouvert la séance en insistant sur le caractère studieux de ces journées techniques. Malgré l’absence de stands commerciaux, plus de 370 personnes sont venues de toute la France pour participer à ces conférences et tables rondes.

Le premier thème développé concernait les intoxications des abeilles. Martin DERMINE, vétérinaire coordinateur du projet abeille pour l’association PESTICIDE ACTION NET WORK, est intervenu pour exposer la réglementation et le positionnement de l’Union européenne vis à vis de l’homologation des pesticides. Il a aussi expliqué le travail qu’il effectue pour contrer les lobbies des fabricants des produits dangereux pour les pollinisateurs. Ces derniers ne pouvant s’opposer aux preuves scientifiques de la toxicité de leurs spécialités, tentent actuellement un chantage sur les chutes (non avérées) du rendement agricole à l’hectare en cas de diminution ou d’abandon des traitements. Martin a beaucoup insisté sur le rôle que chaque apiculteur peut jouer, auprès de ses élus notamment, pour faire évoluer favorablement les décisions politiques.

Muriel ORLOWSKI de la DDPP 26 et Brigitte BARTHELET du SRAL Rhône-Alpes, ont ensuite présenté conjointement les démarches à accomplir lors de mortalités importantes des abeilles. L’apiculteur est le déclencheur d’alerte ; il doit donc réagir très vite et appeler sa DDPP, même les jours fériés. En cas de suspicion d’intoxication, un technicien de la DDPP se rend sur le rucher concerné et agit en partenariat avec le SRAL qui s’occupe, si besoin, de l’enquête phyto sanitaire. Cette enquête peut être longue et le taux d’élucidation reste encore assez faible.

Jean-Marie BARBANÇON a conclu cette première partie en présentant les différents types d’intoxications qui affectent les abeilles et en soulignant les difficultés rencontrées pour établir un diagnostic.

Après un point par Florentine GIRAUD sur la situation de l’infestation par Aethina tumida en Italie, et quelques indications sur le plan de surveillance élaboré spécifiquement pour ce danger (Note de Service 2015- 406 d’avril 2015), le thème de la lutte contre le frelon asiatique, Vespa velutina, a été développé pendant la matinée du samedi. Eric DARROUZET, enseignant-chercheur à l’université de TOURS, a présenté ses derniers travaux sur ce danger qui impacte une grande partie des départements français. Ses recherches, orientées sur la signature chimique spécifique aux différents individus de la colonie, devraient permettre la mise au point d’un piège sélectif d’ici 2 à 3 ans. Les composés volatils sont nombreux et cela explique la lenteur de la recherche. Il a aussi évoqué un rôle potentiel, défavorable au prédateur, de la très grande consanguinité de sa population en France, mais dont l’impact n’est pas encore avéré.

L’organisation de la lutte et les méthodes utilisées, ont ensuite été présentées par Denis BEC de la FREDON, pour la région Rhône Alpes, par Albert DELAMARCHE, président de la SA OVS de Bretagne, pour l’Ille et Vilaine, et par Claude DAVID de l’ASAD 44, pour la Loire Atlantique. Chaque organisation a ses particularités, mais il ressort que chaque territoire doit se doter d’un bon réseau de référents frelon. Olivier DUCROS du GDSA de l’Ardèche a exposé le dispositif de perche qu’il a élaboré en insistant sur les précautions nécessaires pour éviter les accidents, et sur les conditions d’une destruction de nid réussie.

La dernière demi-journée a été consacrée à la lutte contre le varroa qui constitue une grande part du travail des OSAD. Des méthodes alternatives variées ont été présentées par Florentine GIRAUD, mais la lutte chimique, exposée par Yves LAYEC, reste la règle, en préconisant une rigueur extrême dans l’utilisation des différentes molécules. Jean-Marie BARBANCON a montré que ne pas traiter conduit à une impasse : chutes de production et pertes de ruches. Les contrôles d’efficacité des traitements sont importants : ceux réalisés chaque année par la FNOSAD ainsi que ceux réalisés par chaque apiculteur. Jérôme VANDAME a présenté les résultats des suivis de traitements qu’il a coordonnés en 2014, et a donné quelques indications sur ceux qui sont en cours.

Les laboratoires et distributeurs de médicaments apicoles ont pu chacun faire un exposé sur une spécialité (sans prescription) ayant déjà une AMM en France ou en cours d’homologation, et échanger avec les apiculteurs autour de stands qu’ils tenaient à proximité du lieu des conférences.

La journée du dimanche 11 octobre était celle des visites de découverte de la région. Deux sites avaient été retenus : les nougats Arnaud Soubeyran - www.nougatsoubeyran.com - à Montélimar et les caves Jean Luc Colombo – www.vinscolombo.fr - à Cornas. Quel régal pour les papilles des participants qui ont le matin, dégusté le nougat avec visite du musée et, l’après midi, découvert le vignoble Colombo et apprécié les différents crus à la dégustation !

La FNOSAD remercie les organisateurs (Section Apicole du GDS 26 et GDSA 07), les bénévoles, les conférenciers, les partenaires et les auditeurs grâce auxquels ces Journées d’étude ont été un succès.

Pour plus d'informations vous pouvez consulter le site : À LA RUCHE ! Journées nationales pour la santé & l'avenir de nos abeilles

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