Situation actuelle:

Nouveaux foyers détectés hors de la zone de surveillance : à la fin du mois de juillet 2016, quatre nouveaux foyers d’infestation par Aethina tumida (petit coléoptère des ruches), correspondant à quatre ruchers d’un même apiculteur, ont été identifiés, avec présence d’adultes et de larves. Ils sont situés à plus de 100km de la zone de protection établie autour des foyers connus dans la pointe de la Calabre.

Pour avoir les informations sur ces cas et pour connaître à tout moment l’état de la situation sur l’infestation à Aethina tumida en Italie, veuillez consulter le site de la plateforme d’épidémio-surveillance, http://www.plateforme-esa.fr/ et la rubrique dédiée à ce sujet http://www.plateforme-esa.fr/node/35769

 

Mesures de vigilance et de surveillance

La menace d’introduction d’Aethina tumida sur notre territoire n’a pas faibli. La résurgence de foyers dans le sud de la Calabre, à l’automne 2015, un an après la découverte du premier cas, puis de nouveau depuis le printemps 2016, et enfin la détection fin juillet 2016 de cas hors de la zone de surveillance (plus au Nord), montrent que le petit coléoptère s’est probablement établi de manière durable dans cette zone.
Il convient donc de redoubler de prudence face à ce danger :
• bien respecter la réglementation sur les échanges et importations ;
• et appliquer le plan de surveillance mis en place par la DGAl en avril 2014 pour la France.

Il faut bien garder à l’esprit toutes les conséquences économiques liées à l’arrivée de ce ravageur dans une région. Elles sont dues dans un premier temps aux mesures de police sanitaire : mobilisation des services sanitaires, destructions de ruchers, indemnisations, interdiction des mouvements. Mais elles résultent ensuite de son établissement et de sa présence dans les colonies : impact sur la santé des abeilles, perte de colonies, perte de production, destruction de récoltes suite à une contamination des hausses, interdiction des mouvements et des échanges avec les autres régions/ pays, investissements obligatoires en matériel frigorifique, en pièges, etc.
Il est aussi nécessaire de bien connaître la biologie du petit coléoptère et de se souvenir qu’il est certes capable de se propager grâce à des mouvements de matériel apicole ou d’abeilles, mais également parce qu’il effectue des vols sur plusieurs kilomètres et qu’il peut ainsi de proche en proche coloniser un secteur.
Il importe de retenir également que le petit coléoptère de la ruche peut, même si ce n’est pas le moyen le plus favorable pour lui, se développer en dehors de la ruche (la présence d’abeilles ne lui est pas indispensable). Ce point de la biologie du ravageur fait que la détection réalisée « à la ruche » souffre de graves carences et elle doit donc être effectuée de la manière la plus méthodique qui soit.
Il convient de savoir que les distances de zonage (zone de protection de 5 km autour du foyer et zone de surveillance de 10 km autour de la zone de protection) nécessaires à la gestion du PCR telles que données dans la NS 2015-406 du 28 avril 2015 (https://info.agriculture.gouv.fr/gedei/site/bo-agri/instruction-2015-406), ont été décidées aussi en fonction des moyens financiers nationaux disponibles et pas uniquement par rapport à la biologie de l’insecte (qui peut de se déplacer par ses propres moyens classiquement sur 15 km, voire davantage selon certains auteurs et observateurs, les PCR adultes n’étant pas nécessairement attachés à une colonie…).

L’expérience vécue par nos voisins italiens, avec une détection seulement en automne 2015, un an après la découverte du premier foyer, malgré des visites fréquentes de colonies tout au long de l’année, nous montre qu’il est visiblement très délicat de détecter sa présence pendant la saison apicole. Cette difficulté est sans doute liée au fait que lorsque les ruches sont très peuplées, l’observation d’Aethina tumida, petit, très mobile, fuyant la lumière, est délicate. Le succès des cycles de reproduction, qui augmente avec la belle saison et permet un accroissement de la population des petits coléoptères, explique probablement qu’ils sont plus aisément détectés après les mois les plus chauds.

  Il est certain que les visites de colonies  constituent malgré tout,  le moyen le plus efficace de détecter le petit coléoptère, mais lorsque les conditions climatiques ne le permettent plus ou bien que l’on envisage une surveillance élargie (aléatoire ou basée sur une probabilité de risque) il est possible de recourir à la pose de pièges. Il revient aux OSAD de se renseigner sur les dispositions prises, le plus souvent au niveau de la SA OVS, lorsque celle-ci existe ou bien auprès de leur DD(CS)PP, et de participer aux campagnes de piégeage organisées.  Le choix du piège doit bien être adapté à la température : piège sur le plateau si le climat est doux, et piège dans la grappe quand la température baisse en dessous de 20 °C.

La mobilisation et la vigilance de tous les apiculteurs et de tous les acteurs sanitaires restent nécessaires pour éviter l’arrivée et l’installation de ce ravageur des ruches sur notre territoire et garder notre statut de pays indemne.

Pour avoir des informations sur Aethina tumida (morphologie, biologie, conduite à tenir en cas de suspicion) vous pouvez consulter et télécharger la plaquette réalisée par l’ANSES :

http://fnosad.apiservices.biz/fiches-pratiques-a-telecharger/12-fiches-pratiques/17-le-petit-coleoptere-de-la-ruche

Août 2016

En regard du danger et dans l’intérêt collectif de tous les apiculteurs, la FNOSAD demande que chacun prenne ses responsabilités et

  • que tout apiculteur ayant, dans les douze derniers mois, transhumé ou acheté des abeilles (reines, essaims sur cadres, paquets d’abeilles) ou même du matériel apicole ayant été en contact avec des abeilles  en Italie, voire dans d’autres pays européens ou pays tiers, prenne contact avec la DDPP et l’OSAD (GDSA, SA GDS, ASAD) du département où se situe son rucher pour organiser une visite sanitaire de ses colonies.
  • que tout apiculteur qui souhaite transhumer ou acheter du matériel apicole à l’étranger, y renonce tant que l’alerte est maintenue.
  • Aethina tumida est classé en danger sanitaire de 1ère catégorie, ce qui signifie que toute suspicion doit être déclarée à l’Administration (DDPP), et que la gestion de ce danger relève des Services Vétérinaires, qui mettront en place des mesures de police sanitaire en cas de diagnostic confirmé.
  • Si vous observez un coléoptère ou bien des larves suspects dans vos colonies, vous devez :
  • Alerter votre DDPP et prendre contact avec l’ASA de votre secteur
  • Prélever un échantillon (adultes, larves et œufs) et le placer dans un récipient bien fermé, contenant si possible de l’alcool à 70%
  • Prendre des photos (adultes, larves, œufs) si possible
  • Enregistrer les commémoratifs (nom de l’apiculteur concerné / adresse / emplacement du rucher)
  • Avant tout envoi, les coléoptères doivent être tués en les mettant au congélateur une nuit ou dans l’alcool à 70%
  • Envoyer (avec l’accord de la DDPP) l’échantillon au LRUE (laboratoire de référence de l'Union européenne dans le domaine de la santé des abeilles) :
    ANSES Sophia Antipolis
    LRUE – santé des abeilles
    Les Templiers, 105 rue des Chappes
    BP 111, 06902 Sophia Antipolis Cedex

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